indexChapitre 4

Rappelons qu'à la fin du chapitre 3, Candide rencontre un misérable gueux. Voltaire nous offre une description physique épouvantable en utilisant des adjectifs et des détails physiques qui suscitent le dégoût : « un gueux », « couvert de pustules », « yeux morts », « le bout du nez rongé », « la bouche de travers », « les dents noires ». L'homme semble aussi malade car il est « tourmenté d'une toux violente ».

Nous comprenons suite à la lecture du chapeau qu'il s'agit de Pangloss « son ancien maître de philosophie ». 

Pour mieux saisir le sens de ce chapitre, je propose de découper le texte en plusieurs parties.

Première partie : Les certitudes ébranlées de Candide sur la philosophie de Pangloss. (Ligne 1 à ligne 55)

Candide, touché par l’apparence physique de cet “épouvantable gueux” fait preuve de générosité en lui donnant de l'argent, à savoir “les deux florins qu'il avait reçus”. Cela nous montre qu'il fait preuve de compassion.  
Candide est très choqué de comprendre que ce « fantôme » n'est autre que Pangloss. Il constate l’état misérable de son « cher maître » qui est devenu malade et méconnaissable. La succession de questions souligne son incompréhension et ses doutes. Ligne 6, il demande : « Qu'entends-je ? Vous, mon cher maître ! Vous, dans cet état horrible ! ».
Nous remarquons à ce stade que la théorie de Pangloss ne fonctionne pas car celui-ci n'est pas à l'abri de la maladie. Si tout était vraiment parfait et merveilleux comme il le prétend, il ne serait pas dans cet état de pauvreté et de mal-être. Si bien que Candide commence à douter des propos de Pangloss. En effet, la question «  meilleur des mondes, ou êtes-vous ? » souligne les doutes du personnage principal.

Deuxième partie : Le récit de Pangloss (ligne 12 à ligne 27)

Ensuite, ce dernier lui apprend que Cunégonde est morte, éventrée par les soldats bulgares. Candide anéanti s’évanouit à l'annonce de la mort de Cunégonde.

Pangloss ajoute des détails sordides sur les circonstances de la mort de Cunégonde, ce qui suscite un sentiment de pitié chez le lecteur.  Nous apprenons également le décès de la baronne et du baron. Ainsi, Pangloss raconte d'une manière dramatique les événements qui ont suivi le départ de Candide. Nous avons l'impression qu'il y a une sorte de fascination morbide dans la manière de rapporter les détails du décès de Cunegonde.

Nous remarquons une touche d'ironie dans le discours de Pangloss. En effet, nous savons qu'il croit à l'optimisme cependant c'est lui-même qui raconte la destruction de son propre monde, notamment le château. La répétition du mot « pas » met en valeur l’absurdité du personnage qui est contradictoire entre les propos qu'il tient et sa philosophie optimiste.

Il trouve néanmoins un événement positif pour éviter que sa théorie ne s’écroule en disant « mais nous avons été bien vengés...seigneur bulgare. »

Troisième partie : Le désespoir de Candide (ligne 28 à ligne 37)

En apprenant les tristes nouvelles, Candide se sent désespéré, triste, déprimé, anéanti et il « s’évanouit encore ». Ensuite, il veut comprendre l'origine de la maladie de Pangloss, savoir ce « qui avait mis Pangloss dans un si piteux état ». La réponse « c'est l'amour ». Nous remarquons la naïveté de Candide quand ce dernier demande : ""comment cette belle cause  a t-elle pu produire en vous un effet si abominable?”

Quatrième partie : Le raisonnement de Pangloss pour sauver sa théorie (ligne 37 à ligne 65)

Le philosophe est atteint d'une maladie vénérienne qu'il tient de Paquette, la suivante du château. Il est en train de mourir mais il reste optimiste. Pangloss explique que le mal est nécessaire pour le bon fonctionnement du monde. Il explique que la maladie était « un ingrédient nécessaire » mais son discours manque de sens. Il raconte un peu n'importe quoi pour défendre sa théorie optimiste.

Cinquième partie : La crédulité  (ligne 37 à ligne 65)

Malgré cela Candide le fait guérir à ses dépens avec l'aide de l'anabaptiste. Nous remarquons une note d'humour ironique quand Voltaire dit «  Pangloss, dans la cure, ne perdit qu'on œil et une oreille. » En route vers Lisbonne, Candide assiste à un échange entre Pangloss et Jacques. Les deux hommes ne sont pas d'accord. Ligne 79, Pangloss présente sa manière de voir en disant que « tout était on ne peut mieux » mais Jaques s'oppose en disant que les hommes peuvent avoir le fonds mauvais et créer des armes pour se détruire. Le docteur borgne rétorque que le mal est nécessaire pour le bien général.  

A la fin, une horrible tempête éclate à la vue du port de Lisbonne.