Après avoir lu

09 avril 2019

Me before you by Jojo Moyes

57076923_10157164525573695_8535004279566499840_nLouisa Clark is an ordinary girl who has been working in the same coffee shop for the past eight years. She is  twenty-seven years old, she has a steady boyfriend who is a personal trainer.  She still lives with her close family : her parents, her sister Treena who has a son called Thomas. Louisa is living an happy life and seems satisfied with her daily routine. She has been barely afield than her tiny village but has never really felt the need of it.

But one day, Frank (the coffee shop's owner) is shutting down the cafe so Lou is left out without any job. Her dad is worried because they rely on Lou's wages. Treena is earning next to nothing at the flower shop. The parents are anxious because they are in the middle of a recession so you hardly find any vacancies.

But Lou finally has the chance to work as a care assistant position for a quadriplegic who needs someone in the daylight hours to help feed and assist. After a successful job interview with Mrs Traynor (Will's mum), she takes this badly needed job because she knows that she is going to earn more than the minimum wages.

First time, Lou met Will, her eyes met him and after a pause, he let out a blood curdling groan. Then his mouth twisted, and he let out another unearthly cry.

To start with, Will is very sarcastic, reluctant, moody and bossy and Lou thought she was not up for it. But after a while, she refuses to treat him with kid gloves. She dares answering back to him and she gets to the point that she was no longer in charge of a poorly quadriplegic. She was just sitting next to a particular bloke, having a chat.

And soon his happiness means more to her than she expected.

Unfortunately, a few months later, Louisa finds out that Will has shocking plans of his own. So Lou is determined to show him that life is still worth living.

I read all sorts of genres but I would like to say that Me before you is a beautiful romance novel. I loved it because Louisa who is the narrator has a great sense of humour and plenty of imagination. I was very much impressed by her determination. She is a fast learner and a hard working girl. She obviously takes her job very seriously  but most importantly  Lou Clark is an hilarious heroine. I like when characters are able to take decisions and are not just watching their lives passing by.

Jojo Moyes takes the reader into settings where we follow  the  slow and deep evolution of the relationship between Louisa and Will. She also perfectly captured the love-hate relationship that sisters often share.

In that romance, there is a touch of finding love in an unexpected place and against the odds, but the main focus of this book is about life and the importance of decisions.

The meaning of the novel's title is also significant and we could analyse it for the two main characters. I read it as “The person I met before you and the person I am now”. I would easily recommend it and would be happy to discover more books written by Jojo Moyes.

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07 avril 2019

Club de lecture à Valence : épisode 3

seulementNotre club de lecture s'est retrouvé hier soir pour la troisième fois à Valence dans une des salles de la résidence de Fred, au pied des jardins de la Turia. Il pleuvait légèrement en sortant de la voiture de Karen et j'ai dû dire : « C'est un temps idéal pour bouquiner ! » Quoique entre nous, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il fasse une chaleur à crever, je trouverais toujours un moment pour tourner quelques pages.

Nous étions six (sans oublier la petite Ines, fidèle et attentive aux conversations des adultes) chargées de sacs de livres et de provisions. Avant de démarrer les festivités, nous avons installé les tables, les chaises, mis quelques bouteilles au frais, sorti les piles de romans et fait connaissance avec Flavia et Sandra : bienvenidas chicas !

le clubComme d'habitude, ce sont des rencontres que j'attends avec plaisir. La salle est très spacieuse. Au menu, hier soir nous avions des chips de légumes, une salade faite maison, un cake à la tomate, une quiche lorraine (légèrement dorée), des petits sandwichs club au poulet, des boissons rafraîchissantes (car oui parler de livres donne soif) et des milhojas au chocolat.

 

Fred ouvre le bal avec une présentation du livre : Le maître a de plus en plus d'humour de Mo Yan.

mo yan

Voici la liste des livres dont nous avons parlé hier soir :

 - Une soupe aux herbes sauvages d'Emilie Carles

- L’immeuble des femmes qui ont renonce aux hommes De Karine Lambert

- Un paradis trompeur d'Henning Mankell

- Bienvenue au club de Jonathan Coe

- Une fois dans ma vie de Gilles Legardinier

- T'en souviens-tu, mon Anais ? De Michel Bussi

- La femme des sables de Kôbô Abe

- Le caveau de famille de Mazaretti

- Le ciel est immense de Marie-Sabine Roger

- La petite robe de Paul de Philipe Grimbert

- La délicatesse de Foenkinos

michel

- La dernière danse de Victoria Hislop

- La plus précieuse des marchandises de Jean-Claude Grumberg

- Une femme au téléphone de Carol Fives

- Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia

- Seulement si tu en as envie de Bruno Combes

- Philothérapie d'Eliette Abecassis

- Zaira de Catalin Dorian Florescu

- Un train pour Trieste de Dominica Radulescu

marieNous avons terminé nos échanges en discutant des progrès de la science dans la joie et la bonne humeur. On a bien rigolé et Karen a dit : « ça fait longtemps que je n'avais pas éclaté de rire comme ça ! ».

On a rassemblé nos affaires, j'ai noté les emprunts de chacune dans mon carnet et puis on a fixé une date pour la prochaine rencontre : le 25 mai.

J'ai osé demandé à Flavia de nous apporter un cozonac la prochaine fois parce que cette brioche traditionnelle roumaine, c'est vraiment un délice.

J'ai déposé Aline devant chez elle après avoir écouté un tube des années 80 dans la voiture. « J'ai vraiment passé une bonne soirée » a t-elle dit.

Flavia vient d'envoyer un message en remerciant l'ensemble des participantes. "Hier soir, j'ai voyagé à France sans me déplacer". Et je me dis c'est ça le pouvoir de la lecture, c'est s'évader, partir loin, découvrir et c'est un vrai bonheur...

 

La revedere ! Pe curînd

Et bonne lecture à toutes !

la femmes des sablesJennifer

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03 avril 2019

Candide de Voltaire - éditions Larousse

indexChapitre 4

Rappelons qu'à la fin du chapitre 3, Candide rencontre un misérable gueux. Voltaire nous offre une description physique épouvantable en utilisant des adjectifs et des détails physiques qui suscitent le dégoût : « un gueux », « couvert de pustules », « yeux morts », « le bout du nez rongé », « la bouche de travers », « les dents noires ». L'homme semble aussi malade car il est « tourmenté d'une toux violente ».

Nous comprenons suite à la lecture du chapeau qu'il s'agit de Pangloss « son ancien maître de philosophie ». 

Pour mieux saisir le sens de ce chapitre, je propose de découper le texte en plusieurs parties.

Première partie : Les certitudes ébranlées de Candide sur la philosophie de Pangloss. (Ligne 1 à ligne 55)

Candide, touché par l’apparence physique de cet “épouvantable gueux” fait preuve de générosité en lui donnant de l'argent, à savoir “les deux florins qu'il avait reçus”. Cela nous montre qu'il fait preuve de compassion.  
Candide est très choqué de comprendre que ce « fantôme » n'est autre que Pangloss. Il constate l’état misérable de son « cher maître » qui est devenu malade et méconnaissable. La succession de questions souligne son incompréhension et ses doutes. Ligne 6, il demande : « Qu'entends-je ? Vous, mon cher maître ! Vous, dans cet état horrible ! ».
Nous remarquons à ce stade que la théorie de Pangloss ne fonctionne pas car celui-ci n'est pas à l'abri de la maladie. Si tout était vraiment parfait et merveilleux comme il le prétend, il ne serait pas dans cet état de pauvreté et de mal-être. Si bien que Candide commence à douter des propos de Pangloss. En effet, la question «  meilleur des mondes, ou êtes-vous ? » souligne les doutes du personnage principal.

Deuxième partie : Le récit de Pangloss (ligne 12 à ligne 27)

Ensuite, ce dernier lui apprend que Cunégonde est morte, éventrée par les soldats bulgares. Candide anéanti s’évanouit à l'annonce de la mort de Cunégonde.

Pangloss ajoute des détails sordides sur les circonstances de la mort de Cunégonde, ce qui suscite un sentiment de pitié chez le lecteur.  Nous apprenons également le décès de la baronne et du baron. Ainsi, Pangloss raconte d'une manière dramatique les événements qui ont suivi le départ de Candide. Nous avons l'impression qu'il y a une sorte de fascination morbide dans la manière de rapporter les détails du décès de Cunegonde.

Nous remarquons une touche d'ironie dans le discours de Pangloss. En effet, nous savons qu'il croit à l'optimisme cependant c'est lui-même qui raconte la destruction de son propre monde, notamment le château. La répétition du mot « pas » met en valeur l’absurdité du personnage qui est contradictoire entre les propos qu'il tient et sa philosophie optimiste.

Il trouve néanmoins un événement positif pour éviter que sa théorie ne s’écroule en disant « mais nous avons été bien vengés...seigneur bulgare. »

Troisième partie : Le désespoir de Candide (ligne 28 à ligne 37)

En apprenant les tristes nouvelles, Candide se sent désespéré, triste, déprimé, anéanti et il « s’évanouit encore ». Ensuite, il veut comprendre l'origine de la maladie de Pangloss, savoir ce « qui avait mis Pangloss dans un si piteux état ». La réponse « c'est l'amour ». Nous remarquons la naïveté de Candide quand ce dernier demande : ""comment cette belle cause  a t-elle pu produire en vous un effet si abominable?”

Quatrième partie : Le raisonnement de Pangloss pour sauver sa théorie (ligne 37 à ligne 65)

Le philosophe est atteint d'une maladie vénérienne qu'il tient de Paquette, la suivante du château. Il est en train de mourir mais il reste optimiste. Pangloss explique que le mal est nécessaire pour le bon fonctionnement du monde. Il explique que la maladie était « un ingrédient nécessaire » mais son discours manque de sens. Il raconte un peu n'importe quoi pour défendre sa théorie optimiste.

Cinquième partie : La crédulité  (ligne 37 à ligne 65)

Malgré cela Candide le fait guérir à ses dépens avec l'aide de l'anabaptiste. Nous remarquons une note d'humour ironique quand Voltaire dit «  Pangloss, dans la cure, ne perdit qu'on œil et une oreille. » En route vers Lisbonne, Candide assiste à un échange entre Pangloss et Jacques. Les deux hommes ne sont pas d'accord. Ligne 79, Pangloss présente sa manière de voir en disant que « tout était on ne peut mieux » mais Jaques s'oppose en disant que les hommes peuvent avoir le fonds mauvais et créer des armes pour se détruire. Le docteur borgne rétorque que le mal est nécessaire pour le bien général.  

A la fin, une horrible tempête éclate à la vue du port de Lisbonne.

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30 mars 2019

Chacun sa cabane de Mathis – Éditions Thierry Magnier

55628888_10157140896498695_8899470643049791488_nClément prend le large car il en a assez ! Il monte à bord d'un train sans prévenir ses parents de son départ. Il décide de fuguer car ses parents séparés n'arrivent pas à se mettre d'accord au sujet de la garde pendant les grandes vacances. Tout au long de son voyage, Clément, seul mais dégourdi, observe les passagers en se demandant « s'ils sont mariés », « s'ils sont heureux ».

Muni de son petit sac à dos, Clément connaît le chemin de la gare à la maison de son grand-père. Il marche sous un soleil de plomb et son grand-père Gérard, surpris de son arrivée l'accueille et lui propose à manger. Il lui coupe du saucisson en tranches épaisses.

Ce séjour à la campagne permettra t-il à Clément de vider son sac et soulager la pression qui lui enserre le cœur ?

La collection petite poche propose de courts récits destinés normalement à un public jeunesse peu enclin à la lecture. Je recommande vivement cette collection.

Ce petit livre de 47 pages dévoile les inquiétudes d'un petit garçon en recherche de compréhension et de tendresse. Bien que la situation intitule soit triste, l'intervention du grand-père Gérard un brin bourru et sauvage viendra apaiser Clément. Couper du bois, regarder des DVD, parler de sa grand-mère qu'il n'a pas connu. Ce livre nous montre que même divisée, la famille a toujours un sens quand les enfants peuvent s'accrocher à des repères solides et se donner ainsi la force d'avancer.

J'ai bien aimé « Chacun sa cabane » car c'est une histoire très touchante. Le titre est aussi poétique. Les dialogues sont justes, doux et rassurants et font passer un bon moment.

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27 mars 2019

Pavlova aux fruits rouges

pavlovaJ'ai découvert ce gâteau en Angleterre avec mon amie Lætitia. Quand je le prépare, je pense forcement à elle et à la première fois ou je l'ai dégusté.  Je n'oublierai pas non plus le  moment ou elle m'a transmis son secret de cuisine que j'ai noté plus tard dans un carnet vert.  

Pour cette recette, prévoir :

- 4 blancs d’œufs

- 250 grammes de sucre blanc

- 2 cuillères à café de vinaigre blanc

- 2 cuillères à café de maïzena

- 500 ml de crème a monter

- 1 pincée de sel

- 2 barquettes de framboises

- 2 barquettes de fraises

- 2 barquettes de myrtilles

- quelques feuilles de menthe découpée en morceaux

 Matériel :

- un robot mixeur

- une feuille de papier sulfurisée

 

Préparation de la meringue (la veille) :

1- Commencez par battre les blancs d’œufs avec la pincée de sel jusqu’à ce qu'ils soient bien fermes. Ajoutez le sucre et battre jusqu’à ce que les blancs soient bien soyeux et brillants.

2 – Dans un ramequin, mélangez la maïzena et le vinaigre. Évitez les grumeaux. Puis ajoutez cette préparation a vos blancs d’œufs. Battre encore un peu et arrêtez quand la préparation de la meringue est bien brillante.

3 – Étalez la préparation sur une feuille de papier sulfurisée et mettre au four pendant une heure à une température de 150 degrés.

4- Lavez votre robot et mettez le au réfrigérateur pour qu'il soit bien froid le lendemain pour faire votre crème chantilly.

 

Préparation de la chantilly (le lendemain)

1 – Lavez les fruits et coupez les fraises en morceaux

2 – Versez 500 ml de crème a monter dans le robot. Ajoutez 2 cuillères à soupe de sucre glace. Veillez à ce que la crème soit bien épaisse et onctueuse.

3 - Étalez la crème sur votre base de meringue

4 – Disposez les fruits. En général, je commence par les fraises, puis les framboises et enfin les myrtilles pour jouer avec les couleurs. Parsemez les feuilles de menthe pour décorer votre gâteau et le tour est joué.

 Bonne dégustation...

pavlova 2



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23 mars 2019

Philothérapie d'Eliette Abécassis – éditions J'ai lu

couvJuliette, 35 ans travaille dans la communication pour un groupe de cosmétiques. Elle s'est séparée de Gabriel il y a six mois. Depuis cette rupture, elle s'interroge sur le sens de sa vie. Elle se sent flotter entre un sentiment de liberté et un immense vide.

Afin de comprendre un peu mieux la signification de l'existence (et la sienne en particulier), Juliette décide de s'inscrire sur un site de philothérapie dont l'objet est de guérir les maux de l’âme grâce à un dialogue avec un professeur qui enseignait la discipline. Juliette pense être malade de l'amour.  Après une première explication de ses symptômes et sa perception des différentes phases de l'amour, le philosophe attentif lui propose de la guider à travers différentes séances en ligne pendant lesquelles ils aborderont les thèmes suivants : l'origine de l'amour, l'amour qui dure, la passion, la trahison amoureuse, le désir, la rupture amoureuse, la séduction, la méprise, le jeux amoureux, la déception amoureuse…

Nous vivons à une époque où les applications servant à communiquer se multiplient et donc s'inscrire à des cours de philosophie en ligne est une démarche qui paraît tout à fait plausible. En plus d’être un livre  sur la philosophie, ce roman nous offre une vision de notre société à l'heure d'internet, du virtuel et de la dématérialisation. Autour de Juliette, il y a sa famille, ses collègues, son ex, son libraire de quartier, son professeur particulier...On peut dire que toute cette galerie de personnage illustre parfaitement des cas concrets de plusieurs types de personnages les mettant en quelque sorte dans des cases. 

Je suis rentrée tout de suite dans le livre, j'ai été captivée par la leçon 1 : Philosopher, c'est aimer. Le roman démarre ainsi : Le texto est un art délicat. Il faut savoir tout dire en quelques mots, mais pas trop. Juste assez pour donner envie de poursuivre.

philosopherLa bibliographie à la fin du livre vous montrera que les références littéraires sont nombreuses et en cela on peut saluer les fines connaissances de l'auteur. Honnêtement, je dois avouer que certains passages me semblaient parfois un peu ardus. Il faut je crois avoir des compétences solides en philosophie pour comprendre les thèses abordées.  Cependant l'auteur alterne bien avec les passages romanesques et nous fait finalement réfléchir sur la vie, notre quotidien et le bonheur.

Je pense que c'est le genre de livres que l'on peut laisser non loin de sa table de nuit et lire des extraits quand le besoin ou l'envie de comprendre le sens de la vie se fait sentir.

Pour terminer, j'ajoute une photo qui viendra illustrer mon chapitre préféré : Philosopher, c'est aimer...

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21 mars 2019

Candide de Voltaire - éditions Larousse

7051761Chapitre 3

Rappelons que Candide a été chassé du château, qu'il a ensuite été enrôlé par l’armée bulgare et qu'il va découvrir les horreurs de la guerre. Il assiste à une bataille et ne comprend rien.

1. La guerre est présentée comme un spectacle

La guerre est présentée comme un spectacle. Nous remarquons une succession d’adjectifs élogieux « beau, si leste, si brillant, si bien ordonne »  renforcé par l'adverbe d’intensité « si ». Le lecteur a l'impression d'assister à une parade militaire, décrite comme une « harmonie ».

Le défilé des deux armées n'est pas seulement visuel ou esthétique. Il est également sonore comme le révèle l'énumération des instruments de musique : « les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons ».  Cependant, l'utilisation du mot « canon » crée une dissonance et nous plonge dans la réalité de la guerre. Cela nous annonce l'horreur comparable ici à l'incarnation de « l'enfer »  sur terre.


2. Les armées : des soldats de plomb

Les morts se comptent de manière très approximative. Candide utilise les expressions « a peu près », « environ » ou « quelques milliers » pour montrer que dans contexte  de guerre, quelques milliers de morts de plus ou de moins laissent indifférents. La guerre n'a rien de choquant, elle se réduit a un simple décompte de victimes. L'expression « le tout » ajoute à la déshumanisation des individus en le transformant en choses.

Nous remarquons ligne 5 un euphémisme :  il s'agit d'une figure de style qui consiste à adoucir par l'expression une idée désagréable. « La mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf a dix mille coquins » En évitant le terme « tuer » ici remplace par l'expression « ôta du meilleur des mondes » Voltaire tend à inscrire la guerre dans un ordre naturel et illustre ici la philosophie optimiste de Pangloss.

Voltaire intervient directement dans le texte en utilisant la proposition relative « Candide qui tremblait comme un philosophe », il montre son manque de courage face à la réalité de la situation. Mais surtout la guerre est pour Voltaire une « boucherie héroïque », Nous avons ici un oxymore : il s'agit d'une figure de style qui rapproche deux termes contradictoires. L'ironie ici vise évidemment à dénoncer la guerre.

3. Le sort épouvantable des victimes

Dans la deuxième partie, Voltaire commence par critiquer la religion. Le chant « Te deum » est interprété par les deux rois. Cela prouve, pour Voltaire, que la religion n'est pas digne de foi puisqu'elle se fait complice de l'infamie. La religion cautionne la guerre.

Voltaire nous offre une vision de l'horreur de la guerre. Candide « passa par-dessus des tas de morts » ce qui laisse entendre qu'il fait face à l'enfer.

Ligne 14, nous remarquons un autre euphémisme : « il prit le parti d'aller raisonner ailleurs ». C'est une manière polie mais aussi moqueuse de dire qu'il déserte.

Les victimes énumérées sont des êtres faibles : « des vieillards » « des femmes », « des enfants ». Leur faiblesse et leur innocence sont accentuées par l'emploi de participes passés au sens passif : « criblés de coups » « égorgées », « éventrées » et pour renforcer l'horreur Voltaire ajoute des détails anatomiques : « des mamelles sanglantes ». « des filles éventrées ». « des cervelles » bras et jambes coupées » afin de susciter l'indignation. Par cette description pathétique, il suscite chez le lecteur un sentiment de pitié et d'indignation.

Le chapitre trois se termine de la manière suivante : Candide s'enfuit dans un autre village. Il est démuni donc il demande l’aumône pour se nourrir. Après un premier refus d'un homme et se femme, un homme nommé Jacques « l'amena chez lui, le nettoya, lui donna du pain et de la bière ».  

Conclusion

Ce chapitre peut être lu de plusieurs façons; on peut le considérer dans une perspective simplement narrative: c'est le premier choc de Candide, qui est confronté au problème de la guerre. Il contemple la bataille à travers les idées de Pangloss. Il y a également une lecture philosophique : c'est l'apparition pour lui du mal sur la terre, la belle harmonie initiale dégénère en spectacle d’épouvante.

Et vous, quel est votre livre du moment ?

 

Bonne soirée et bonne lecture à tous sous les premiers rayons du soleil du printemps. 

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16 mars 2019

Candide de Voltaire - éditions Larousse

IMG_20190309_110826_HDRChapitre 2 :

Candide est donc « chassé du paradis terrestre » ou Pangloss lui a proféré sa philosophie optimiste. C'est le début du voyage, du conte initiatique. Candide va peu a peu découvrir que le monde est plus cruel que ce que lui laissait entendre son ami philosophe.

Au début du chapitre 2, Candide est dans une situation de grande fragilité. On le sent vulnérable. Le champ lexical de l’épuisement nous montre qu'il est fatigué et à bout de forces : « pleurant » l'estomac vide « il se coucha sans souper », il subit le froid «  la neige tombait à gros flocons », « transi » « mourant de faim et de solitude ». Le verbe « se traîna » suggère qu'il a des difficultés à avancer. L'adverbe « tristement » montre sa peine. Nous avons l'impression que Candide passe d'un univers féerique à un monde froid et solitaire. C'est une véritable désillusion pour Candide. Nous savons que Candide est un personnage naïf et son désarroi physique le rend très vulnérable et facilement influençable.

 Il s'approche d'un cabaret et fait connaissance avec deux soldats recruteurs de l’armée bulgare. Les deux hommes utilisent des paroles très flatteuses : « un jeune homme très bien fait et qui a la taille requise ». Voltaire utilise le verbe « prièrent » pour montrer la politesse des deux hommes. La répétition du mot « monsieur » nous donne le sentiment que les paroles sont trop exagérées pour être honnêtes. On appelle ça une courtoisie de façade. C'est de la fausse amabilité. Candide ne se méfie pas et accepte l'invitation en disant : « Vous avez raison ».

Cependant, nous allons voir que la situation va vite changer car les recruteurs vont passer d'un comportement flatteur et doux à un comportement violent. La situation bascule rapidement car Candide est enrôlé « sur-le-champ » et perd de suite sa liberté. L'apprentissage se fait de manière brutale. L'accumulation de verbes d'actions tels que « tourner », « hausser », « remettre », « coucher », « tirer », « doubler le pas » laisse entendre que Candide est manipulé, bousculé. Voltaire ne livre pas les réactions de Candide : on ne sait pas s'il souffre physiquement ou psychologiquement. On a l’impression qu'il est docile.

 Dans le chapitre 2, Candide se fait manipulé et fait face à la violence militaire. Le champ lexical de la barbarie comporte les termes suivants : « lient », « fustige », « quatre mille coups de baguette ».

 En conclusion, nous pouvons dire que le chapitre 2 comporte quatre parties importantes :

- le début du voyage de Candide (Candide fait face au froid et à la solitude)

- la rencontre des recruteurs de l’armée bulgare

- l’enrôlement proprement dit (le début de sa formation)

- l'instruction militaire de Candide

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13 mars 2019

Quand j’étais Jane Eyre de Sheila Kohler – éditions La table ronde (Titre original : Becoming Jane Eyre)

IMG_20190310_134809_HDR1848, Manchester. Assise au chevet de son père convalescent suite à une opération des yeux, Charlotte Brontë rédige ce qui deviendra un des chefs d’œuvre de la littérature anglaise : l'incontournable roman Jane Eyre. Tout en se plongeant dans l’écriture de son livre, l'auteur imagine les pensées qui traversaient Charlotte à ce moment de sa vie.

Dans le calme et la pénombre de cette petite pièce, Charlotte pense à son passé et se remémore ses années à Bruxelles, dans un pensionnat où elle tomba amoureuse de son professeur de français, Monsieur H. Il avait décelé son talent et invitait les autres élevés à écouter quelque chose de différent, de rare, d’unique. Charlotte se remémore ses ballades à ses côtés et leurs conversations parfaitement innocentes et pourtant passionnées. Tous deux ont partagé des moments de complicité pendant lesquelles Charlotte put évoquer le décès de sa mère et de  ses deux sœurs aînées ainsi que les égarement de son frère, criblé de dettes, dépendant de l 'alcool et de l’opium.

Nous apprenons dans ce livre qu'écrire a permis à Charlotte Brontë de s’élever au-dessus du triste échec de sa vie et de son amour interdit. En dépit des lettres de refus des éditeurs, Charlotte était déterminée et tenait à produire un roman dans lequel il y aurait du feu et de la colère. Elle n'avait pas oublié les précieux conseils de son maître qui lui avait longuement expliqué les trois unités au théâtre de temps, de lieu et d'action tout en insistant sur l’idée qu'il est infiniment plus riche de suggérer que de montrer.

En s'appuyant sur des faits réels, l'auteur tente d'imaginer ce que pouvait être la vie des trois sœurs Brontë. On apprend que Charlotte, Emily et Anne écrivaient sous des pseudonymes masculins car la littérature britannique du 19è siècle ne laissait peu de place aux femmes. Autant vous le dire toute de suite, l'histoire de la famille Brontë n'est pas des plus gaies. Il règne tout au long du livre un climat pesant lié à la mort, à la misère économique, à l’austérité du père, à la folie du frère.

Je ne sais pas ..mais en lisant ce livre je me disais que j'avais vraiment dévoré le livre Jane Eyre de Charlotte Brontë (http://apresavoirlu.canalblog.com/archives/2013/03/25/26738383.html)  mais pour autant la découverte de cette « pseudo biographie » ne m'a pas complètement touchée.  Je pense que c'est plus à cause du style utilisé que par son contenu riche qui fait honneur à ce grand destin littéraire. 

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09 mars 2019

Candide de Voltaire - éditions Larousse

IMG_20190309_110710_HDRAu cours de ce deuxième trimestre, mes élèves de première découvrent un classique de la littérature française du XVIII siècle,  à savoir  Candide de Voltaire. Après l’étude de Kiffe Kiffe demain rédigé par Faiza Guène et publié en 2004, nous effectuons un bond dans le temps en nous plongeant dans un registre de texte argumentatif écrit en 1759. Candide porte plus précisément l’étiquette de conte philosophique. J’appréhendais un peu l’étude de ce texte mais finalement après la consultation de nombreuses ressources pédagogiques et un brin de volonté et d’enthousiasme, on s’aperçoit que l'on peut surmonter ses craintes. Essayer de rendre accessible ce qui aux premiers abords peut sembler complexe.

Chapitre 1

Tout d'abord, commençons par évoquer la fonction du chapeau sous la mention du chapitre 1. « Comment Candide fut élevé dans un beau château et comment il fut chassé d'icelui ». Ce sous-titre nous annonce d’emblée l'intrigue car le lecteur se pose les questions suivantes : Qui est Candide ? Pour quels motifs a-t-il été renvoyé du château ?

L'incipit (le début du livre) démarre avec la formule « Il y avait » ce qui nous fait penser à un conte de fées. Or, nous savons que Candide écrit au XVIII  siècle est un conte philosophique dont le but est de nous faire réfléchir sur des thèmes fondamentaux : le sens de la vie, la mort, la religion, la liberté...

Dès le début du premier chapitre, nous faisons connaissance avec le personnage principal : Candide. Rappelons au passage que “Candide” est un adjectif qui signifie exprimer de la candeur, autrement dit être  ingénu, innocent, naïf, pur, simple.

Candide est un enfant illégitime. Il est en effet le fils “de la sœur de M. le baron et d'un bon et honnête gentilhomme du voisinage”. On peut imaginer que “les anciens domestiques” du château étaient au courant de cette liaison et qu'ils ont été ensuite congédiés car Voltaire utilise l'adjectif “ancien”.
De plus, on remarque que Voltaire fait une satire sociale de la noblesse car la sœur du baron “ne voulut jamais épouser “ le père de Candide car il n'appartenait pas au même rang social qu'elle. Voltaire laisse entendre que le monde des apparences est bien plus important que la réalité des sentiments. Les véritables valeurs humaines ne pèsent pas lourd.

Parlons maintenant du cadre. L'histoire se passe en Westphalie. Il s'agit d'une région en Allemagne. Voltaire utilise ici donc un élément de réalité dans ce monde qui semble imaginaire.

Il est intéressant d'analyser le nom du château : Thunder-ten-tronck. L’allitération en T est comique et ce mot complètement inventé par Voltaire vient ridiculiser son propriétaire. En effet, la description du château est très simple et sommaire. Il n'y a pas de ponts, ni de donjons, ni de douves. Le fait de nous en dire très peu nous donne l'impression qu'il n'y a absolument rien a l’intérieur. Aucune description ne mentionne les meubles, les pièces, les décorations. Nous savons simplement qu'il « y avait une porte et des fenêtres ». De plus, nous apprenons dans ce chapitre que le baron dispose de peu de moyens financiers car il fait des économies sur son personnel « ses palefreniers étaient ses piqueurs », la meute de chiens « était dans le besoin » et toute l’année ils mangeait « du porc ». Voltaire laisse ainsi entendre que les personnages vivent dans l'illusion de leur statut social.

Dans ce chapitre, Voltaire poursuit en écrivant des portraits à charge. Il s'agit de présentations négatives des personnages dans le but de se moquer de la noblesse et de les ridiculiser. En effet, on se demande pourquoi le baron est il « un des plus puissants seigneurs de la Westphalie » ? La réponse est très fragile et superficielle. La baron est fort « car son château avait une porte et des fenêtres ». Nous remarquons ici le côté ridicule de la justification.

Poursuivons avec le baronne dont le portrait est très mesurable. Nous imaginons une femme laide et peu intelligente car aucune référence ne fait mention de ses aptitudes. Nous savons simplement qu'elle «  pesait environ trois cent cinquante livres. »

Cunégonde, la fille du baron et de la baronne est décrite de manière très expéditive. Voltaire utilise une succession d'adjectifs pour la présenter. Elle était « haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante. » En général, nous utilisons ces termes pour décrire une dinde ou de la volaille. Ces connotations péjoratives déshumanisent Cunegonde et la présente comme une figure inspirant le désir et la sensualité.

Le fils du baron est présenté de manière très succincte dans la mesure ou nous savons simplement qu'il « était en tout digne de son père. »

Poursuivons maintenant avec Pangloss. Ce drôle de personnage est le précepteur de Candide. Il est l’autorité philosophique du château. L'ethymologie de son nom signifie celui qui veut dire tout sur tout. Il porte un nom ridicule, pédant et le nom de sa matière est complètement inventée par Voltaire. Pangloss enseignait la métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie. Ce nom à  rallonge comporte des syllabes inutiles. Voltaire crée ce mot pour rendre la matière plus pompeuse, plus complexe, plus impressionnante mais nous allons finalement voir plus loin que les raisonnements du maitre manquent de logique et de sens. Le mot “nigologie” est comique car l'adjectif nigaud signifie idiot, bête, stupide.

A partir de la ligne 31, nous pouvons lire le discours direct qui apparaît entre guillemets. Ce discours est un amphigouri : c'est à dire qu'on a l'impression qu'il est complexe, obscur, difficile à comprendre car il comporte des tournures sophistiquées cependant il n'est pas pertinent. En effet, Pangloss se trompe toujours dans ses chaînes causales puisqu'il inverse la cause et l'effet : “Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes” or nous savons que non, que les lunettes sont faites pour s'adapter au nez. Pangloss choisit mal ses exemples. Il ne fait pas preuve de raisonnement ni de logique. Voltaire se moque de manière ironique de ses compétences en utilisant l'adverbe “admirablement” dans la phrase “il prouvait admirablement qu'il n'y  a point d'effet sans cause.”

A la fin du chapitre 1, nous apprenons que Candide est chassé du château car il a embrassé Cunégonde. On comprend que Candide n'a pas choisi de partir, il subit la décision de M. le baron. L’intrigue est donc mise en place car nous nous demandons ce que va faire Candide.

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