Après avoir lu

16 août 2019

Candide de Voltaire - éditions Larousse

IMG_20190816_203701_HDRChapitre 29

Nous approchons de la fin de l’œuvre. Rappelons que Candide a effectué un court séjour en France, puis l'Angleterre avant d'atteindre Venise. Il poursuit son voyage tout en enquêtant sur le sens de l'existence de l'homme. Candide ne s'estime pas aussi malheureux que Martin (manichéen) ou que Pococurante (qui à force de tout remettre en question n'a plus goût en rien et finit par traîner un ennui mortel et un dégoût généralisé). Candide est différent car la quête de Cunégonde donne un sens à sa vie. Son espoir guide ses déplacements. Son amour est sa boussole.
Les cinq protagonistes (Candide, le baron, Pangloss, Martin et Cacambo) arrivent sur le « rivage de la Propontide à la maison du prince de Transylvanie » (ligne 7).


Première partie : Les retrouvailles avec Cunegonde

Les cinq aventuriers tombent directement sur les deux femmes : Cunégonde et la vieille. Je cite : “les premiers objets qui se présentèrent furent Cunégonde et la vieille.” Soyons prudents avec l’interprétation du mot “objet” qui n'a ici pas de valeur péjorative. Ce nom commun désigne à l’époque ce qui s'offre  à la vue, ce qui se présente  à l'oeil. Les deux femmes sont occupées. Elles travaillent en tant qu'esclaves. Elles étendent “des serviettes sur des ficelles pour les faire secher.”(ligne 9). Le bonheur est rapidement brisé. En effet, le lecteur imagine une scène de retrouvailles heureuses toutefois ce scénario est interrompu par une situation réaliste. 

Candide est désigné comme “le tendre amant”. Au XVIII, il convient de préciser que le terme “amant” veut simplement dire la personne qui aime ou encore l'amoureux. Il constate que sa promise a horriblement changé. La description physique de Cunégonde ne correspond absolument plus à l'image de la femme qui incarnait la sensualité et le désir au début de l’œuvre. Voltaire utilise une succession d'adjectifs négatifs afin de montrer qu'elle n'incarne plus le portrait physique de la femme idéale. Elle est affreusement laide et inspire “l'horreur”. Nous comprenons qu'elle a beaucoup travaillé car elle a le teint “rembrunie”. Autrement dit, elle a passe énormément de temps au soleil si bien que sa peau n'est pas aussi pale que les belles dames du grand monde à l’époque. Ses yeux sont “éraillés” donc injectés de sang. Ses joues sont “ridées” et ses bras sont “rouges et écaillés » , ce qui suggère une fois de plus les longs moments passés à l’extérieur.

Candide est confronté  à la réalité de la situation. L'oxymore ligne 11 “sa belle Cunégonde...” souligne le décalage entre l’idée qu'il se faisait d'elle et la vision cruelle de son corps et de son visage. L'apparence physique est bien détaillée grâce à la présence de nombreux détails anatomiques.


Deuxième partie : l’évolution de Candide

Candide les embrasse par politesse et la phrase “Candide les racheta toutes deux” montre que Candide a payé la rançon des deux femmes afin de leur rendre la liberté. Nous savons que le voyage de Candide a été rythmé par la volonté de retrouver sa promise. Le désir de la revoir enfin mais celle pour qui il a vécu tant de rebondissements et traversé tant de pays est devenue laide, repoussante, disgracieuse.  Mais Candide, fidèle à sa promesse et  à  ses sentiments fait preuve de politesse. Après un premier mouvement de surprise, “il avança ensuite par bon procédé”, ce qui signifie qu'il prend les devants avec politesse, s'approche d'elle en montrant ses bonnes manières. On peut dire que d'une certaine façon son rêve s’écroule car il se résout à l’épouser que pour tenir “ses promesses.” Le bonheur pour Candide, c’était de vivre dans l'illusion pour une femme qu'il imaginait. Mais aujourd'hui, elle ne correspond pas ou plus à l'image pure et parfaite qu'il se faisait d'elle.


Toutefois, tout n'est pas si négatif. En depit de sa répulsion, Candide souhaite toujours épouser Cunegonde. Cela veut dire qu'il est prêt à accepter une nouvelle réalité. Il se lance en dépit du refus du baron. Son frère, le baron, s’y oppose à nouveau, refusant à tout prix qu’elle s’unisse à un roturier. Il fait part de son projet au baron qui une fois de plus n'est pas d'accord. Selon lui, elle ne peut que se marier avec un noble. Le baron reste sur sa décision. Il est ferme, stricte, catégorique.

Candide n'est plus le jeune homme sage et docile. Il s'affirme, fait preuve de caractère. Il est devenu mur et est désormais capable de tenir tête et se permet même de tutoyer le baron : “Je te retuerais si j'en croyais ma colère.”Le rapport de supériorité a changé. Les rôles sont inversé s faisant ainsi tomber les barrières sociales.

Mais le baron est obstine et têtu. Il rétorque : “Tu peux me tuer encore, dit le baron, mais tu n’épouseras pas ma sœur de mon vivant.”Voltaire, a travers cette citation, cherche a critiquer la noblesse. Nous savons que le baron n'a plus le sou, il est devenu un galérien pauvre, dépendant et asservi. Mais il s'acharne et refuse catégoriquement ce mariage aux noms de règles conventionnelles. Ce conservatisme est caractéristique de la bourgeoisie française qui s'accroche à ses privilèges. Il se montre inflexible.  Or, celui qui possède les fonds, c'est Candide et parce qu'il est riche, il peut prétendre demander la main de sa dulcinée. Il appuie son autorité sur son pouvoir économique.

En conclusion, dans ce chapitre Voltaire traite de la superficialité des sentiments en les remettant en question. L'avant dernier chapitre est marqué par la désillusion de Candide. Il a tellement espéré ces retrouvailles or Cunegonde apparaît a la fin comme une créature qui ne présente plus d’intérêt. Son idéal est détruit. Le rêve ne correspond plus à la réalité. Mais là n'est pas l'important puisqu'il souhaite toujours l’épouser. Il accepte et souhaite démarrer une vie plus modeste, mais aussi plus vraie. Candide se sent aussi plus fort et plus puissant. Il considère qu'il n'a plus a subir l’autorité du baron. La question du renversement du pouvoir est intéressante dans la mesure ou elle transforme la condition sociale du personnage principal et ses relations aux autres.

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14 août 2019

Candide de Voltaire - éditions Larousse

 

imagesChapitre 28

A travers le chapeau du chapitre 28, le lecteur sent qu'il approche du dénouement de l'intrigue de ce conte qui  comporte trente chapitres. L'auteur indique ce qu'il advint de certains  personnages, à savoir le Baron et Pangloss. Ils vont raconter leurs histoires et expliquer comment ils ont pu échapper à la mort. Il est possible de diviser ce chapitre en deux parties distinctes.

Première partie : le récit du frère de Cunégonde

Candide commence par s'excuser au près du baron de lui avoir donné un grand coup d’épée à travers le corps. Il s'excuse, fait preuve de remords mais il est vite pardonné par le baron qui préfère oublier ce malentendu. Je cite : « N'en parlons plus ». Cette citation est une marque d’ironie car l'auteur fait tout de même référence à une tentative d'assassinat.

Le baron, frère de Mlle Cunégonde, raconte à Candide comment il à survécu au coup d’épée que ce dernier lui avait porté et qu’il avait cru mortel. Il retrace les grandes étapes de sa vie, marquée par différents déplacements géographiques. Voltaire enchaîne une succession d'aventures tragiques, résumant ainsi la destinée de ce personnage.   Nous pouvons résumer les étapes de la manière suivante en ajoutant les citations importantes :

 

ETAPES

CITATIONS

  • Le baron a réchappé du coup d’épée de Candide

     

  • Il a été soigne par un pharmacien

  • Il a été victime d'une attaque par un parti espagnol puis incarcéré à Buenos Aires

  • il est envoyé à Constantinople auprès de l’Ambassadeur de France

  • On le trouve alors tout nu, se baignant avec un jeune page musulman et on l’envoie aux galères.

“Je vous dirai qu’après avoir guéri de ma blessure...” (Le baron a survécu, il s'agit d'un miracle.)

 

« guéri de ma blessure par le frère apothicaire”

“On me mit en prison...”

 

“Je fus nommé pour aller servir...”

 

“Je ne savais pas que c’était un crime capital de..."

Le récit du baron souligne le thème de l'injustice en évoquant les châtiments corporels.  L’intolérance religieuse est abordée à travers l'anecdote de la baignade interdite entre un chrétien et un musulman. Le sujet de l'esclavage est également dénoncé via la condamnation aux galères. Il faut donc comprendre que via ces récits de vies, Voltaire prend la plume pour dénoncer les abus, les inégalités, les persécutions nées du manque de tolérance et des superstitions.

Deuxième partie : le récit de Pangloss

Pangloss, lui, a miraculeusement survécu à la pendaison car la corde était humide. Il explique simplement que “la corde était mouillée et glissa mal.”Un chirurgien a récupéré son corps et, au moment de faire l’incision, Voltaite utilise une hyperbole pour exagérer l'horreur de la sentence. Je cite : “ Il me fit d’abord une incision cruciale depuis le nombril jusqu’à la clavicule”. D'autres hyperboles telles que “me disséqua” “le chirurgien tomba à la renverse” ou encore “il s'enfuit en mourant de peur” viennent renforcer le caractère surréaliste de l'horreur.


Il s’est aperçu qu’il était vivant. Il était tellement horrifié par la situation qu'il croyait “qu'il disséquait le diable.” Pangloss est alors fait laquais d’un chevalier de Malte puis mis au service d’un marchand vénitien en route pour Constantinople. (ligne 47)
Là-bas, dans une mosquée, il croise “ une jeune dévote très jolie “ en compagnie d’un imam (un prêtre musulman). Il remet entre les seins de la jeune fille un bouquet de tulipes qui était tombé. Mais ce geste mit en colère l'iman. Il est alors lui aussi battu. Il reçut “cent coups de lattes sur la plante des pieds” puis  envoyé par hasard sur la même galère que le frère de Cunégonde.

Conclusion

On pourrait imaginer que suite à ces récits tragiques, la théorie optimiste de Pangloss aurait la vie dure. Les vies du Baron ainsi que celles de Pangloss ont en effet été marquées par un enchaînement de catastrophes. Candide, à présent capable de discernement, interroge Pangloss : « avez-vous toujours pensé que tout allait le mieux du monde ? ». Pangloss est formel : son jugement n’a pas évolué. Finalement, on peut dire que Pangloss devient le le personnage le plus
amusant et le plus ridicule de tout le conte.

Pangloss qui se prétend philosophe en tout point  avance des théories sur l’Optimisme inspirées de Leibniz  qui finissent par devenir de plus en plus  pathétiques vers la fin du récit.  Voltaire, qui n’aime pas ce genre de personnage, nous met en garde contre de pareilles gens.

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13 août 2019

Candide de Voltaire - éditions Larousse

Chapitre 26

Candide et Cacambo se tiennent toujours compagnie à Venise. Les jours et les semaines s’écoulent et Candide attend le retrour de Cacambo, censé lui apporter de bonnes nouvelles au sujet de sa tendre aimée.

Première partie : nouvel événement dans l'intrigue : Cacambo retrouvé

Candide et Martin dînent un soir dans leur hôtel à Venise. Ils allaient se mettre à table avec des étrangers lorsque soudainement ils croisent « un homme à visage couleur de suie. »Ils reconnaissent Cacambo. Candide de suite est très joyeux. Je cite : «  Il fut sur le point de devenir fou de joie. » Il manifeste son empressement via un geste d'affection. Je cite : « Il embrasse son cher ami. »

Il est impatient de rejoindre celle qu'il attend depuis si longtemps et utilise pour cela le temps de l’impératif ; «  Mène-moi vers elle. »

Mais une fois de plus, la désillusion va sévir. Candide apprend via Cacambo que Cunégonde est à Constantinople. Pour Candide, rien de plus simple : il fait s'y rendre au plus vite. Cacambo explique furtivement qu'il est devenu esclave et qu'ils ne pourront partir qu’après le dîner. La citation suivante nous montre que Candide fait face à une multitude de sentiments :

« Candide, partagé entre la joie et la douleur, charmé d’avoir revu son agent fidèle, étonné de le voir esclave, plein de l’idée de retrouver sa maîtresse, le coeur agité, l’esprit bouleversé, se mit à table avec Martin, qui voyait de sang-froid toutes ces aventures, et avec six étrangers qui étaient venus passer le carnaval à Venise. »

Deuxième partie : les grands de ce monde

Pendant le carnaval, Candide soupe avec six rois détrônés. Tous ont des serviteurs, des domestiques, des valets qui sont à leur service. Chacun leur tour, ils viennent annoncer a leur maître un départ imminent. Candide, de nature curieuse demande : “ Pourquoi êtes-vous tous rois ? “ Tous livrent en quelques lignes leurs parcours. Ils expliquent à Candide avoir perdu leurs différents royaumes et être à Venise pour le carnaval. On peut imaginer qu'a travers leurs récits, Voltaire dit que le règne, le pouvoir politique ne dure qu'un temps. Ils sont toujours menacés par la déchéance ou la perte de leurs responsabilités.

Cunégonde est esclave en Turquie et bien entendu Candide veut la retrouver à tout prix.

Chapitre 27

Candide poursuit son voyage, guidé par la volonté de retrouver celle qu'il aime. Il part en Turquie à bord d'une galère.

Première partie : le destin de Cunégonde

L’un des six étrangers, le sultan Achmet, accepte de conduire Candide et Martin à Constantinople. La citation « il recevrait Candide et Martin sur son bord » souligne qu'ils vont voyager en bateau. Candide est impatient de retrouver Cunégonde et n'a de cesse de poser des questions. L’enchaînement des cinq interrogations montre son excitation mais peut-être aussi une légère inquiétude. Je cite : « Eh bien ! lui dit-il, que fait Cunégonde ? Est-elle toujours un prodige de beauté ? M’aime-t-elle toujours ? Comment se porte-t-elle ? Tu lui as, sans doute, acheté un palais à Constantinople ?

Sur le bateau, Cacambo dévoile le récit tragique de la dulcinée de Candide. Il leur explique que Cunégonde est désormais esclave du prince Ragotski, chez qui elle fait la vaisselle (avec la vieille), et qu’elle est devenue horriblement laide. Mais Candide n'est pas affecte par le changement physique de Cunegonde car en effet il déclare : « « - Ah ! Belle ou laide, dit Candide, je suis honnête homme, et mon devoir est de l’aimer toujours. » (Candide, à Cacambo.) » Cette prise de position renforce l’idée que Candide est un personnage au cœur pur qui a le sens du devoir.

Deuxième partie : les moyens employés pour récupérer Cunégonde

Cacambo a dû payer grassement le gouverneur de Buenos-Aires pour récupérer Cunégonde et s’est ensuite fait voler son argent par des pirates. Il a verse deux millions mais comme Candide possède encore quelques diamants, il se dit capable de délivrer aisément sa promise. Le voyage se poursuit et les deux compagnons arrivent sur le canal de la mer Noire. Nous comprenons que le trafic d'esclaves existe car Candide rachète Cacambo à son maître et s’embarque sur une galère « sans perdre de temps. » Son objectif étant de retrouver Cunégonde au plus vite « quelque laide qu'elle put être. »

Voltaire évoque les conditions de voyage et notamment le comportement de « deux forçats qui ramaient for mal. » Une fois de plus, l'auteur introduit un rebondissement car il découvre que deux des hommes ne sont autres que Pangloss et le frère de Mlle Cunégonde, toujours vivants finalement.

«En vérité, dit-il à Cacambo, si je n’avais pas vu pendre maître Pangloss, et si je n’avais pas eu le malheur de tuer le baron, je croirais que ce sont eux qui rament dans cette galère.’’ » (Candide, à Martin.) Cette citation souligne la naïveté de Candide et permet à l'auteur d'introduire un événement inattendu dans l'intrigue. Mais très vite, Candide découvre la véritable identité des deux hommes. Il les rachète aussi au commandant et l’enjoint à les mener au plus vite vers Constantinople. La question : “combien d'argent voulez-vous pour la rançon...?” montre sa générosité et à quel point il serait prêt à tout par amour. La ville atteinte, des juifs lui achètent des diamants à moitié prix et Candide, après les retrouvailles, s’élance à la recherche de Cunégonde afin de la délivrer.

Le thème de l'esclavage domine le chapitre 28 rappelant ainsi au passage les transactions financières et les conditions de travail qui pesaient sur certains hommes à cette époque.

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Candide de Voltaire - éditions Larousse

25aChapitre 25

Candide, personnage principal de ce conte philosophique, s'interroge sur le sens de la vie et notamment sur la question du bonheur. Afin d’éclaircir le cours de ses pensées, il voyage , fait des rencontres et rend visite au seigneur Pococuranté. On prétend que cet homme n'aurait jamais eu de chagrin dans sa vie. Cette situation unique pique la curiosité de Candide, et bien entendu celle du lecteur. Candide est impatient à l’idée de le rencontrer car cela prouverait à Martin, l’éternel pessimiste, que les gens peuvent être heureux. Alors si le bonheur exsite, sur quoi est-il fondé ?

Première partie : rencontre avec le noble Pococuranté

Candide et Martin arrivent au palais du noble Pococuranté. Ils se sont déplacés en gondole. Ils débarquent dans un palais luxueux et majestueux. Nous imaginons un décor de rêve, paradisiaque car « les jardins étaient bien entendus et ornés de belles statues de marbre, le palais d'une belle architecture. »

« Le maître du logis » est un homme de soixante ans. Nous savons qu'il est fort riche cependant son attitude méprisante révèle son manque d’éducation. Il n’est pas accueillant, il est froid et montre « très peu d’empressement ». Son attitude impolie déconcerte Candide et devant ce comportement contradictoire décrit dans le chapitre précédent, le lecteur est perplexe.

Nous comprenons que Pococuranté s’ennuie de tout. Il est las de la compagnie des femmes. Il énumère la liste des choses qui l’agace. Les reproches sont nombreux. Nous pouvons dire qu'il est misogyne. Son discours souligne son dédain, sa méprise et son manque de respect en vers les femmes. Il les réduit à des objets sexuels. Il critique sans vergogne le comportement des dames de la bonne société.

Deuxième partie : la vision de Pococuranté au sujet de l'art (la peinture, la musique, la poésie)

Candide est émerveillé devant tous ces trésors. En effet, il “fut surpris de la beauté des tableaux.” maIs les femmes comme les tableaux de maître n’intéressent pas le seigneur blasé.  Son discours est très critique et négatif. Rien de ce qu’il possède ne le satisfait puisqu’il confirme qu'ils ne lui plaisent point du tout. Il dresse une liste de reproches conséquentes au sujet de son dégoût pour ses tableaux.  Il profite de son analyse pour mettre en avant son aisance financière : « j'ai beaucoup de tableaux mais je ne les regarde plus. » Cette citation souligne son arrogance et son impertinence.

Non seulement il n'aime pas les tableaux de maître mais il critique aussi la grande musique qu'il qualifie de « bruit ». Son discours est d'autant plus choquant qu'il s'oppose pleinement à la vision pure et enthousiaste de Candide. Candide « fut surpris de la beauté des tableaux. » ou « Candide trouva la musique délicieuse. »
La lecture d’Homère lui procure le plus mortel ennui. Idem pour Horace. Il exagère même allant jusqu’à dire : « Je n'ai lu qu'avec un extrême dégoût ses vers grossiers »  et au sujet de Cicéron, il déclare : « Je ne le lis jamais ». Dans son mépris, il va même jusqu’à se moquer de Candide en l'insultant. Je cite : «  Les sots admirent tout dans un auteur estime. » Il sous-entend le manque d’objectivité des lecteurs face à la notoriété d'un écrivain.

Les sciences ne l’intéressent pas non plus car il dit que dans « tous ces livres il n'y a pas une seule chose utile. » Il ajoute que le poète Milton est « un grossier imitateur », un « barbare..qui défigure la création. »

Troisième partie : le bonheur est-il fondé sur l'espoir ?

Candide est conscient que cet homme est supérieur. Il le considère comme un éternel insatisfait bien qu'il soit riche et comblé par la vie. Candide le croit heureux car il précise à Martin : “vous conviendrez que voilà le plus heureux de tous les hommes, car il est au-dessus de tout ce qu'il possède.”  Mais au contraire, il est indifférent, insensible et sans enthousiasme. Sa richesse matérielle ne représente aucunement une source de plaisir.  Les possessions, qu'elles soient artistiques, livresques ou intellectuelles ne lui procurent aucune satisfaction.

Finalement, le seul qui est heureux, et conscient de l'être, c'est Candide.

Pourquoi ?

Car il est guidé par l'espoir indestructible de revoir Mademoiselle Cunégonde.

Son optimisme est sa force.

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Profanes de Jeanne Benameur – éditions Babel

IMG_20190808_113710_HDROctave Lassalle est âgé de 90 ans. Ancien chirurgien du cœur, ce retraité vit seul dans une grande maison bourgeoise à la campagne. Il a besoin désormais d'une équipe pour l'entourer pour la partie de sa vie la plus précieuse. Octave dispose encore de toutes ses facultés intellectuelles et physiques mais comme il a toujours su anticiper, il publie une annonce dans laquelle il explique comment il souhaite organiser le decoupage des ses jours et ses nuits. Il recrute quatre personnes qui auront chacun une clef et une chambre. Il pourront s'en servir à leur guise et chacun s'engage à respecter ses responsabilités en signant un contrat.

Madame Lemaire, la gouvernante, chargée des repas de Monsieur Lassalle depuis de nombreuses années est perturbée par la nouvelle organisation décidée par le propriétaire des lieux. Marc, l'unique homme sera chargé du rasage à l'ancienne et de l'entretien du jardin. Hélène, artiste peintre, vient réaliser une commande qu'Octave lui a passée et offrira également la lecture de la presse. Yolande, tiendra la permanence du soir et s'occupera de trier les affaires afin d’éclaircir les placards. Béatrice, qui suit des études d’infirmière sera présente les nuits. L'emploi du temps est fixé et nous découvrons les habitudes et les histoires de vies de ces quatre employés, ces écorchés vifs, qui au fil de la narration partageront des moments de complicité et un secret bouleversant...

J'aime énormément lire des livres sur les personnages âgées. Surtout quand ils ne traitent pas de la maladie ou du déclin (bien que je sois consciente qu'il existe) mais plutôt quand ils touchent à l'heure du bilan qui sonne. C'est ce dont il est question dans ce livre. Octave qui aime l'intime et non le familier revient sur les joies et les peines qu'il a traversé dans sa vie et avec pudeur, il livre avec parcimonie son histoire. C'est cette histoire que vous lirez mais aussi le témoignage d'un homme pris dans les tourbillons de sa vie passée en Afrique, une Yolande au cœur gros comme ça, une artiste sensible qui ressent souvent le besoin de s'appuyer à l' humanité discrète de ceux qui lisent, une jeune étudiante qui se demande si elle sera à la hauteur...Jeanne Benameur alterne les registres littéraires, ponctue son texte de haiku qui apportent beaucoup de poésie à cet ouvrage touchant. L'auteur prend le temps de passer au peigne fin les frémissements doux, les gestes délicats, les attentions des uns et des autres en nous offrant une réflexion sur la place des souvenirs et de ce qu'on peut transmettre en fin de vie. Ce livre rend hommage aux liens d’amitié que nous tissons au fil de notre existence.

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Candide de Voltaire - éditions Larousse

IMG_20190813_114357_HDRChapitre 24

Le périple de Candide poursuit son cours. Suite à leur voyage vers les côtes anglaises, Candide entre désormais dans le détroit et dans la Méditerranée pour enfin aborder Venise. Il est heureux car il se dit que c'est ici qu'il reverra la belle Cunégonde.

Première partie : arrivée à Venise

Arrivé à Venise, Candide fait chercher Cacambo partout dans la ville. Il explore les lieux suivants pour le rencontrer : « dans tous les cabarets, dans tous les cafés, chez toutes les filles de joie » cependant il « ne le trouva point ». Il multipliait les démarches mais l'absence de nouvelles de Cacambo plonge le héros dans le désespoir.
Il imagine Cunégonde morte. En pensant à ce dénouement fatal, il envisage à son tour de mourir « Cunégonde est morte sans doute, je n’ai plus qu’à mourir ». Cette citation montre  à quel point le personnage de Candide oscille entre l'optimisme et le pessimisme, allant de l'espoir guidé par une certaine forme d’obstination pour ensuite chuter dans les affres de la solitude. Il exprime sa peine et ses tourments en déclarant que « Tout n'est qu'illusion et calamité ».  Candide s'isole, se replie sur lui-même en refusant de prendre part aux divertissements. Cette absence d’élan appellée « mélancolie noire » par Voltaire est d'autant plus terrible que son compagnon Martin lui reproche d’être si naïf. Rappelons que Martin se présente comme un manichéen, autrement dit un philosophe qui voit le mal partout. Son discours n'est absolument pas rassurant. Ses paroles ne font qu’accroître la tristesse de Candide car il invite directement Candide à faire table rase de son passé. Il impose sa vision de la situation en déclarant : «  je vous conseille d'oublier votre valet Cacambo et votre maîtresse Cunegonde. » Martin conclue de manière négative ne pouvant s’empêcher « de prouver qu’il y avait peu de vertu et de bonheur sur la terre ».

Deuxième partie : la rencontre avec un jeune théatin (un moine)

Ils aperçoivent alors  un jeune théatin : un moine de l'ordre italien fondé à Rome en 1524. Ce jeune homme n'est pas seul puisqu'il est accompagné d’une fille. Voltaire livre une description physique du moine en utilisant le verbe d’état « paraissait ». On peut s'interroger donc sur la véracité des propos tenus par Voltaire en nous demandant si ce personnage est vraiment « frais, potelé, vigoureux » ? Voltaire ajoute : « ses yeux étaient brillants, son air assuré, sa mine haute, sa démarche fière. » Voltaire décrit également la jeune fille en utilisait l’adjectif « jolie » précédé de l'adverbe d’intensité « très. » Le lecteur ressent qu’il y a une complicité entre les deux car « elle regardait amoureusement son théatin ». En les observant, Candide est persuadé de lire du bonheur sur leurs visages. Il déclare sans hésiter : « je gage que ce sont des créatures très heureuses. » A travers cette vision du couple épanoui, Candide cherche à bousculer Martin en lui demandant d'ouvrir les yeux sur un cas concret de bonheur. Cependant, Martin reste dubitatif alors Candide propose de les inviter a dîner pour voir si ses impressions sont les bonnes.

Troisième partie : le repas et introduction d’un nouveau personnage : Paquette

Candide ne perd pas de temps et fait preuve d'esprit d'initiative car « aussitôt il les aborde. » Voltaire utilise une hyperbole pour décrire le contenu du repas pantagruélique.  La liste des aliments sur la table est longue : « des macaronis, des perdrix de Lombardie, des œufs d'esturgeon, et à boire du vin de Montelpuciano, du lacryma-christi, du chypre et du samos. » Il y a à ce stade du chapitre un rebondissement car la fille en question se trouve être Paquette, ancienne maîtresse de Pangloss, à l’époque du château.  La fille s’adresse à  Candide et exprime sa surprise en disant : « Eh quoi ! monsieur Candide ne reconnaît plus Paquette ! ». L’ancienne maîtresse de Pangloss raconte ses malheurs. Le récit de sa vie est un condensé de tristes aventures. Paquette a été victime de violence et fut la maîtresse de plusieurs hommes : un cordelier, un médecin puis un juge. Son récit suscite la compassion car elle utilise des superlatifs qui suscitent la pitié : « le plus laid de tous les hommes », « la plus malheureuse de toutes les créatures » Elle parle de ses conditions de travail et utilise les mots suivants : « insultes », « avanies » pour souligner l’humiliation subie lors de toutes ses années.  « Vous concluriez que je suis une des plus malheureuses créatures du monde » est une sombre affirmation qui met en valeur sa tristesse profonde. Elle insiste sur ses malheurs en donnant un exemple récent des violences auxquelles elle a du  faire face hier. La veille, elle a été battue par un officier et doit donc faire semblant d’aller bien pour plaire à Frère Giroflée. Elle doit faire bonne figure, elle a été « volée et battue par un officier ». Elle doit paraître de bonne humeur pour plaire et séduire un moine.

Quatrième partie : la vie au monastère

Le frère explique qu’il hait la vie au monastère, qu’il a été « tenté cent fois de mettre le feu au couvent ». Il sent que des mauvais sentiments pèsent sur sa vie que « la jalousie, la discorde, la rage habitent dans le couvent ». L’argent qu’il gagne lui « sert à entretenir les filles. » Candide a perdu son pari. Ces deux-là ne sont pas heureux et donc les apparences sont trompeuses.  Il donne de l’argent à Paquette et au frère Giroflee. Martin doute de l'utilité du geste de Candide. Il remet en cause sa générosité. Il pense que cette somme les rendra « plus malheureux encore. »

Candide cherche en vain un être humain heureux et évoque le sénateur Pococuranté qui a la réputation de n’avoir jamais connu aucune peine. « On prétend que c'est un homme qui n'a jamais eu de chagrin. » Il s’apprête alors à lui rendre visite car il voudrait voir « une espèce si rare. »

Le chapitre 24 est dominé par le thème suivant : le bonheur existe t-il ? Les apparences sont-elles trompeuses ? Les dialogues entre Candide et Martin opposent fermement l'optimise au pessimisme. Si le monde est bercé d'illusions et de calamités, il n'en demeure pas moins que l'espoir, à travers les méandres de la pensée , joue un rôle important dans le développement du personnage principal. Candide incarne l'exemple même de cette philosophie quand il dit «  une chose me console, je vois qu’on retrouve souvent les gens qu’on croyait ne jamais retrouver”.

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09 août 2019

Candide de Voltaire - éditions Larousse

IMG_20190809_145408_HDRChapitre 23


Candide poursuit son voyage toujours accompagne de Martin.  A bord du bateau, les deux amis discutent au sujet de la situation de l’Angleterre.

1. La mise en spectacle de la mort

Ils franchissent les cotes anglaises et arrivent au port. Dans le chapitre précédent, nous pouvons rappeler que Martin avait émis de nombreux commentaires négatifs sur la France. Au sujet de l'Angleterre, il n'est pas plus élogieux car il déclare que ce pays est « quelque chose de bien fou et de bien abominable. »

Ils abordent  Porstmouth : un port du sud de l'Angleterre, près de Southampton.  Voltaire utilise une hyperbole pour décrire leur arrivée. « Une multitude de peuple » permet d’insister sur la densité de la foule présente sur le rivage.  On imagine un rassemblement important de monde sans comprendre la nature de l’événement. Dans un port, on assiste normalement à l’arrivée des bateaux et l’attitude du public qui « regardait attentivement » nous fait penser qu'ils assistent à  un spectacle. Tout le monde regarde la scène qui se déroule sur le pont supérieur d’un navire.

Voici les personnages :

- Quatre soldats


- Un assez gros homme qui était à genoux « les yeux bandés »


On remarque toutefois une anomalie, un dysfonctionnement car le gros homme a les yeux bandés, autrement dit il ne voit pas ce qui se passe. L’utilisation du verbe « tirèrent » au passé simple montre que la cérémonie est très brève. La situation pourtant cruelle est ambivalente dans la mesure  ou les soldats ouvrirent le feu « le plus paisiblement du monde. »  Il n’y a aucune compassion de la part du narrateur et pourtant la violence est intense. L’auteur utilise des détails anatomiques pour renforcer l’horreur du crime commis de sang froid.  Le mot « crâne » suscite le dégoût et déshumanise la victime. L’utilisation du superlatif « le plus paisiblement du monde » montre l’attitude des bourreaux capables d’agir sans scrupules.

Toutefois, nous remarquons que  la foule semble apprécier cette exécution comme l’indique la citation suivante : "toute l’assemblée s'en retourna extrêmement satisfaite".

L’objectif de Voltaire est de provoquer l’indignation de ses lecteurs. Il dénonce non seulement l’extrême violence de la sentence mais cherche aussi à nous faire réfléchir sur la fascination morbide du peuple qui assiste à ce type de mise à mort.

2. Un dialogue significatif


Candide prend la parole et la succession de questions montre son incompréhension. "Qu'est-ce donc que tout ceci?" ligne 7, » Quel demon exerce partout son empire ? » « Et pourquoi tuer cet amiral ? ». Voltaire utilise aussi une question indirecte : "il demanda qui était ce gros homme" ligne 8. On perçoit que Candide est choqué, surpris, scandalisé, ébahi.

La question : "Quel démon exerce partout son empire?" est une hyperbole qui souligne son état de désarroi. Candide pose plusieurs questions car il est indigné et les réponses apportées par les anglais montrent un certain détachement. Ils sont courtois, spontanés mais ne montrent aucune émotion, d'où la répétition du verbe "répondre" ou encore "dire". Ils font preuve de politesse dans leur manière de justifier le meurtre. Voici la justification du crime : le condamné à mort "n'a pas fait tué assez de monde", Voltaire amène le lecteur a réfléchir sur la peine de mort. L’oxymore « il est bon de tuer » suggère que tout le monde est d’accord et que personne ne s’offusque.  

3. L'argumentation de Voltaire

Dans ce chapitre, Candide est le porte parole des sentiments de Voltaire. La phrase « Candide fut si étourdi et si si choqué de ce qu'il voyait » permet de souligner l'indignation de Voltaire. Ce crime de ce pauvre amiral anglais est non seulement crapuleux mais cette tuerie est justifiée : elle a pour but de servir d'exemple « pour encourager les autres. »Candide semble être l'unique homme a manifesté son incompréhension face à ce « on » qui englobe le peuple et le gouvernement. Nous retrouvons la répétition du pronom personnel « on » dans les phrases suivantes : « lui dit-on », « on a trouvé », « répliqua-t-on ». Il y a un contraste dans ce dialogue marqué par l’état de choc de Candide qui s'oppose au flegme britannique du peuple qui assiste à la cruauté d'une situation comme si de rien n’était.

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08 août 2019

Candide de Voltaire - éditions Larousse

Chapitre 22

De retour d'Eldorado, Candide est en compagnie de son philosophe Martin dont il se sent très proche avec qui il partage une grande complicité (ligne 4 « il ne pouvait plus se passer de son philosophe Martin ». Candide cède à la curiosité de découvrir Paris, car tous les voyageurs qu'il a rencontré depuis son arrivée à Bordeaux s'y rendent.(ligne 11) . La citation « cet empressement général lui donna l'envie de voir cette capitale » montre que Candide est un être influençable.

Le texte s’organise autour de plusieurs indicateurs temporels tels que : « autant de temps », «  à peine », « aussitôt », « cependant », « pendant sa convalescence » et rythme les différentes parties du chapitre 22 qui est assez long car il comporte dix pages.

Première partie : l’arrivée à Paris et la dégradation physique de Candide

Le début de l'action (l'installation à Paris) est aussitôt interrompu par l'irruption d'un événement imprévu: la maladie de Candide. La métaphore "attaqué..." souligne le caractère imprévisible et soudain de la maladie. Il fut atteint subitement par un trouble lié a son manque de forces : « il fut attaqué d'une maladie légère causée par ses fatigues. »

Nous remarquons qu’il n’ y a aucun détails sur l’auberge.

Rappelons que Candide est riche. Il porte en effet au doigt « un diamant énorme » et par conséquence il y a autour de lui des gens qui sont là par intérêt. "deux médecins, quelques amis intimes et deux dévotes".

Pour exprimer la richesse de Candide, Voltaire utilise plusieurs figures de style :

L’hyperbole « un diamant énorme » et une allitération en p « prodigieusement pesante » soulignent le poids des richesses.

Nous remarquons un contraste car Candide est atteint d’une  «  maladie légère causée par ses fatigues » et pourtant autour de lui nous remarquons qu’il y a :

  • Des médecins qui viennent sans avoir été appelés

  • Nous sommes surpris de constater que des amis intimes arrivent si rapidement

  • On se pose la question suivante : pourquoi les dévotes s’occupent-ils de lui ? (dévote est un terme qui signifie qu'une personne est zélée par la religion et les pratiques religieuses : Une famille dévote.)

Martin prend ensuite la parole et se compare à Candide. Comme lui, il a été malade aussi à Paris. L'intervention de Martin met en avant la cupidité des parisiens. En effet, comme il était « fort pauvre », personne n’était intéressé par son sort et par conséquence, il était complètement livré a lui-même.

Deuxième partie : la critique de la médecineet de la religion

Voltaire profite de ce chapitre pour souligner l’incompétence des médecins. L'auteur est complètement ironique en dénonçant les pratiques qui au lieu de soulager l’état du patient aggrave sa souffrance. La phrase : « Cependant, à force de médecines et de saignées, la maladie de Candide devint sérieuse.” souligne le manque de savoir faire des soignanrs dans la mesure ou l'etat de sante du partient se degrade.

La phrase : “Un habitué du quartier vint avec douceur lui demander un billet payable au porteur pour l'autre monde “ souligne la malhonnêteté de l'église qui cherche à soutirer de l'argent à un pauvre homme malade. Nous remarquons dans cette phrase une dissonance : d'un côté, on évoque le monde matériel en parlant d'argent et d'intérêt financier et de l'autre côté on parle du monde spirituel.

Puis la scène évolue. On passe d'un débat entre trois hommes : le clerc, Candide et Martin. Martin se sent importuner par les méthodes du clerc et donc il y a une scène d'altercation “la querelle s'echauffa”. On remarque une évolution dans cette situation car au départ il y a :

- une discussion polie

- brutalité verbale “répondit”, “jura” et agacement physique “Martin voulut jeter l'habitué par les fenêtres.”

- bagarre “Martin le prit par les épaules et le chassa rudement”

Ligne 35, nous apprenons que “Candide guérit” et pendant sa convalescence il eu la chance d’être entoure d'une “Très bonne compagnie “. Cette réflexion est une antiphrase, un procédé ironique car nous lecteurs savons que les gens qui entourent Candide sont là par intérêt. C'est le retour à la santé. Candide peut jouer aux cartes avec Martin.

Dans ce chapitre, Voltaire nous offre une vision négative de Paris. Il presente la ville comme l'antre de redoutables predateurs. Les gens n'y sont pas honnêtes pusique les médecins et les pratiquants de la religion sont incompétents et vils.

Troisième partie : le monde du théâtre

Suite à la guérsion de Candide, un “petit abbé périgourdin” amene Candide et Martin voir une pièce de théâtre à Paris. “Celui-ci mena d'abord Candide et Martin à la comédie.” Les trois personnages décident d' assister à “une tragédie nouvelle”. Candide entre dans le théâtre, s'installe et se “se trouva placé auprès de quelques beaux esprits”. L'expression “beaux esprits” est en réalité ironique et va permettre a Voltaire de faire une critique du monde littéraire de l'époque.

Candide, impressionné et sensible se laisse aller a ses émotions : “Cela ne l'empêcha pas de pleurer à des scènes jouées parfaitement.”Assis a coté de lui se trouve “un des raisonneurs” autrement dit un critique littéraire mais ce terme est péjoratif car il a une connotation de moralisateur. Il est trop dans l'analyse, dans la raison et multiplie les observations négatives. Il n'est pas comme Candide qui regarde la pièce et laisse ses émotions le guider.

Analysons le jugement de ce “raisonneur”. Son discours au sujet de cette pièce comporte de nombreuses hyperboles. (« cette actrice est fort mauvaise ; l'acteur qui joue avec elle est plus mauvais acteur encore ; la pièce est encore plus mauvaise que les acteurs »). Cet emportement rend le jugement peu crédible.Il est tellement négatif sur tout que nous lecteurs avons du mal a le croire.

Candide est en colère contre ce critique littéraire et l'insulte de “gros cochon”. Et de “mal vivant”. Candide a été très touché par cette pièce et ému. Il a tant pleuré de voir des acteurs qui lui ont fait plaisir. Voltaire accuse le raisonneur de critiquer toutes les pièces de théâtre sans distinction, ce qui ôte toute valeur à la critique, et de le faire uniquement dans un but matériel (« qui gagne sa vie à dire du mal de toutes les pièces et de tous les livres »), comme le montre la métaphore du serpent « c'est un de ces serpents de la littérature qui se nourrissent de fange et de venin ».

Voltaire exprime aussi par le biais de Candide le fait que le théâtre donne des émotions et du plaisir : « la pièce où j'ai tant pleuré et des acteurs qui m'ont fait tant de plaisir ». La répétition de l'adverbe d'intensité « tant » appuie sur les mots importants « pleuré » et « plaisir »

Quatrième partie : critique de la société parisienne

Candide voudrait souper avec une actrice célèbre « Mlle Clairon » bien qu'il soit impatient de revoir Mlle Cunegonde. Cependant la femme n'est pas disponible et a la place, Candide se rend chez la Marquise de Parolignac. Ils jouent aux cartes et soupent tous ensemble. Elle tient chez elle « un pharaon » qui est un jeu de cartes. Candide y perdit une grosse somme d'argent : « perdit cinquante mille francs en deux tailles. » A travers le souper, Voltaire critique la société parisienne qui ne jure que par la médisance. La citation suivante montre l'ambiance du souper : «  Le souper fut comme la plupart des soupers de Paris : d'abord du silence, ensuite un bruit de paroles qu'on ne distingue point, puis des plaisanteries dont la plupart sont insipides, de fausses nouvelles, de mauvais raisonnements, un peu de politique et beaucoup de médisance ». Ligne 142, Candide fait la connaissance d'un homme savant qui lui rappelle Pangloss. La marquise prend alors Candide à part et s’offre à lui pour lui subtiliser ses bagues en diamants. Candide ne résiste pas mais s’en veut ensuite de son infidélité. Il conte à l’abbé toutes ses aventures et en particulier son amour pour Mlle Cunégonde.

Cinquième partie : le retour de Cunégonde

Le lendemain, comme par hasard, il reçoit une lettre de celle-ci lui disant qu’elle est à Paris, malade, et que que le gouverneur de Buenos-Aires s’est emparé de tout l’argent. Candide arrive au chevet de la fausse Cunégonde ; une suivante prétend qu’on ne peut ni la voir, ni lui parler ; une main sort et Candide la couvre de diamants. Soudain, l’abbé périgourdin apparaît en compagnie d’un exempt (un policier) qui l’arrête avec Martin et veut les conduire en prison. Ils ont été dupés par l’abbé. En chemin, Candide offre à l’exempt trois diamants pour éviter la prison. Celui-ci se montre très docile et les mène chez son frère, à Dieppe, où il les aide à embarquer sur un bateau hollandais en direction de Portsmouth, en Angleterre.

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Candide de Voltaire - éditions Larousse

111Chapitre 21

Le chapeau “Candide et Marin approchent des côtes de France et raisonnent” laisse entendre que les deux compagnons continuent d'échanger. Leur conversation dans ce chapitre portera principalement sur la France et ses habitants. Candide, guidé par l'optimisme a toujours l'espoir et la volonté de rejoindre Cunégonde.

Première partie : critique de la France par Martin

Aux abords des côtes françaises, les deux hommes discutent et Candide cherche à savoir si Martin a déjà eu l'occasion de venir en France. Martin répond de manière affirmative et ses commentaires sur les Français sont sans appel. L'utilisation des adjectifs suivants : « rusé », « bête » « folle » souligne son mépris, son manque de considération ou selon lui la principale occupation des français « est l'amour, la seconde de médire, et la troisième de dire des sottises. »

Pour Martin, Paris est un lieu de chaos dangereux, un pays dans lequel les habitants passent leur temps à mépriser, critiquer ou raconter des idioties. L’utilisation des  verbes «  médire » et « dire des sottises »  met l’accent sur le jugement négatif  de Martin envers les français. De plus, il souligne la fréquence des délits en utilisant les termes suivants : « voleur », « prison » « filous », sans oublier la répétition du mot « canaille ».


Deuxième partie : le projet de Candide

Candide veut atteindre l’Italie pour y retrouver Cunégonde ; « je vais l'attendre à Venise ». Ligne 20 Martin accepte de le suivre et on comprend qu'il le fait pour son argent car contrairement à Candide, Martin ne possède absolument rien.

La fin du voyage est l’occasion de questions de Candide à Martin sur la pérennité du mal et sur la possibilité du bien. Candide évoque une longue liste d'adjectifs à connotation négative afin de savoir si selon Martin les hommes ont-ils toujours été « menteurs, fourbes, perfides, ingrats, brigands... » ? Martin n'est pas capable de dissocier l'homme de l'animal et sa réponse montre que ces etres vivants ont le meme caractere.


Son raisonnement s’affine alors : selon Candide, il y a une grande différence entre « les éperviers » et les « hommes «  car il est question en dernier lieu du libre arbitre. Autrement dit Candide parle de la liberté de choisir entre le bien et le mal, et de décider selon sa propre conscience.

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06 août 2019

Léviathan de Paul Auster – éditions Babel

IMG_20190806_145941_HDRPeter Aaron, écrivain américain, apprend un jour par deux agents du FBI, qu'un de ses anciens amis : Beinjamin Sachs a été tué par une explosion, au bord d'une route, dans le nord du Wisconsin. D’après le rapport d'expertise, sa mort a été instantanée. Suite à cet accident mortel, les agents de police se lancent sur une piste terroriste.

Afin de rendre hommage à son fidèle ami et aussi anticiper des versions déformées et malveillantes des faits qui pourraient circuler dans les journaux, Peter Aaron décide de raconter l'histoire compliquée de Benjamin Sachs.

L'auteur commence par expliquer les circonstances dans lesquelles les deux hommes ont fait connaissance. Les deux hommes, écrivains, se sont retrouvés dans un bar suite à une séance de dédicace annulée pour cause de très mauvais temps. Dans les tumultes de la nuit et étourdis par les vapeurs de nombreux verres de bourbon, Paul Auster nous explique que c'est ainsi que leur amitié a commencé : sur les tabourets d'un bar désert où il se sont mutuellement offert a boire et parlé d'un intérêt commun, à savoir la littérature.

Au cours du livre, Peter Aron reviendra sur les grandes lignes de la vie de Benjamin Sachs. C'est ainsi que nous apprendrons que Benjamin a effectué dix-sept mois de prison et écrit un livre, après avoir refusé d'être incorporé dans l'armée (Vietnam).

Nous découvrirons des anecdotes sur son enfance, notamment sa première visite au sein de la Statue de la liberté. Un épisode marquant au cours duquel il a appris que la liberté peut être dangereuse et que « si vous ne faites pas attention, elle peut vous tuer. » (page 67). Peter Aron ira plus loin dans l'analyse du personnage évoquant les traits suivants de son ancien ami : ses études, ses aspirations politiques, les points communs avec sa mère, le tout présenté à l’époque de Reagan, dans le nouvel ordre américain des années quatre-vingt.

Dans ce roman, les personnages (masculins et féminins) sont nombreux. ils vont apporter au fil du récit un morceau de la vie de Ben, leurs joies, leurs souffrances. Ce récit traite à la manière d'une biographie est une belle preuve d’amitié. L'Amitié avec un grand A.

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