70631155_10157557048713695_5996081203449430016_nIl y a de nombreux personnages dans le conte Candide de Voltaire mais je propose aujourd'hui de dresser le portrait des plus importants. Commençons avec le personnage principal, central de l’œuvre dont le prénom est d'ailleurs le titre du livre.

Candide

Dès le début du premier chapitre, nous faisons connaissance avec le personnage principal : Candide. Rappelons au passage que “Candide” est un adjectif qui signifie exprimer de la candeur, autrement dit être  ingénu, innocent, naïf, pur, simple.

Candide est un enfant illégitime. Il est en effet le fils “de la sœur de M. le baron et d'un bon et honnête gentilhomme du voisinage”. On peut imaginer que “les anciens domestiques” du château étaient au courant de cette liaison et qu'ils ont été ensuite congédiés car Voltaire utilise l'adjectif “ancien”.

Candide est un jeune aventurier qui va vivre un incroyable voyage, ponctué par de nombreux rebondissements. Candide est un romantique, un sentimental, il est amoureux de Cunégonde et tout au long de son périple, il sera guidé par la volonté et l'espoir de retrouver sa bien aimée. Pour elle, il risquera tout.

Ce qui est important de saisir, c'est l’évolution du personnage. En effet, au départ, notre héros chassé du château pour avoir embrassé Cunégonde est un personnage très crédule, dépendant et peu sur de lui. Il croit aveuglément aux propos de Pangloss et cherche toujours conseil auprès de quelqu'un d'autre.

C'est vers la fin du conte que nous remarquons que Candide devient plus entreprenant et beaucoup plus confiant. Fort de ses expériences et de ses observations, il deviendra un homme capable d'exposer sa pensée sans redouter quelque moquerie de son entourage.

Pangloss

Pangloss est l’autorité philosophique du château. C'est le précepteur qui enseigne la métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie. Voltaire crée ce mot pour rendre la matière plus pompeuse, plus complexe, plus impressionnante mais nous allons finalement voir plus loin que les raisonnements du maître manquent de logique et de sens. Le mot “nigologie” est comique car l'adjectif nigaud signifie idiot, bête, stupide. Le nom “Pangloss” signifie qui parle toutes les langues. Mais cette désignation est une marque d'ironie de la part de Voltaire car l'analyse des propos du montre trahisse un manque de connaissances solides. Ainsi, Voltaire nous offre la caricature du personnage ridicule et amusant, le portrait d'un orateur pédant qui disserte sur tous les sujets même les plus simples. Il prône la philosophie optimiste et son rôle permet à Voltaire de mettre en garde le lecteur contre ce type de pensées.

Martin

Martin apparaît pour la première fois dans le chapitre 19. C'est le compagnon de voyage qui embarque avec Candide pour Bordeaux. Il est présenté comme un “savant”, autrement dit un homme de savoir, de connaissances. Martin se présente comme un manichéen, autrement dit un philosophe qui voit le mal partout. Pour appuyer son discours pessimiste, il offre un tableau désolant de la condition humaine. Martin est en ce sens un anti Pangloss : les hommes sont méchants, la vie est un malheur car le diable «  se mêle si fort des affaires de ce monde » qu'il est impossible d’échapper au malheur. Martin incarne l'Anti-Pangloss. Il est en effet pessimiste, négatif et ne croit absolument pas au bonheur.

Cacambo

Cacambo est le valet de Candide et apparaît pour la première fois dans le chapitre 14. Il est un des rares personnages a donner des conseils utiles a Candide. C'est un déraciné : il n'appartient ni à une race ni à une société déterminée (c'est un "quart d'Espagnol, en d'un métis dans le Tucuman") mais il a de l'expérience quand nous constatons la longue énumération de ses divers métiers. Il est donc débrouillard et réaliste.Il prend son maître en charge, le pousse à agir : cela se note par les verbes d'action à l'impératif : "allons", "suivons", "partons", "courons" (gradation), et par la reprise de "courons" dans la réplique suivante. Il dirige les opérations et prend des initiatives. Remarquons ici la note d'humour de la part de l'autre car c'est le valet qui dirige le maître et non l'inverse. Il est misogyne : "elle deviendra ce qu'elle pourra" en parlant de Cunégonde.

Cunégonde

Cunégonde, la fille du baron et de la baronne est décrite de manière très expéditive. Voltaire utilise une succession d'adjectifs pour la présenter. Elle était « haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante. » En général, nous utilisons ces termes pour décrire une dinde ou de la volaille. Ces connotations péjoratives déshumanisent Cunégonde et la présente comme une figure inspirant le désir et la sensualité. A la fin du livre, Cunégonde est devenue laide et repoussante mais en dépit de sa dégradation physique, Candide l’épousera tout de même. Avec le personnage de Cunégonde, Candide disserte sur le thème de l'amour en abordant tout ce qui gravite autour de ce sentiment puissant mais complexe.