Chapitre 26

Candide et Cacambo se tiennent toujours compagnie à Venise. Les jours et les semaines s’écoulent et Candide attend le retrour de Cacambo, censé lui apporter de bonnes nouvelles au sujet de sa tendre aimée.

Première partie : nouvel événement dans l'intrigue : Cacambo retrouvé

Candide et Martin dînent un soir dans leur hôtel à Venise. Ils allaient se mettre à table avec des étrangers lorsque soudainement ils croisent « un homme à visage couleur de suie. »Ils reconnaissent Cacambo. Candide de suite est très joyeux. Je cite : «  Il fut sur le point de devenir fou de joie. » Il manifeste son empressement via un geste d'affection. Je cite : « Il embrasse son cher ami. »

Il est impatient de rejoindre celle qu'il attend depuis si longtemps et utilise pour cela le temps de l’impératif ; «  Mène-moi vers elle. »

Mais une fois de plus, la désillusion va sévir. Candide apprend via Cacambo que Cunégonde est à Constantinople. Pour Candide, rien de plus simple : il fait s'y rendre au plus vite. Cacambo explique furtivement qu'il est devenu esclave et qu'ils ne pourront partir qu’après le dîner. La citation suivante nous montre que Candide fait face à une multitude de sentiments :

« Candide, partagé entre la joie et la douleur, charmé d’avoir revu son agent fidèle, étonné de le voir esclave, plein de l’idée de retrouver sa maîtresse, le coeur agité, l’esprit bouleversé, se mit à table avec Martin, qui voyait de sang-froid toutes ces aventures, et avec six étrangers qui étaient venus passer le carnaval à Venise. »

Deuxième partie : les grands de ce monde

Pendant le carnaval, Candide soupe avec six rois détrônés. Tous ont des serviteurs, des domestiques, des valets qui sont à leur service. Chacun leur tour, ils viennent annoncer a leur maître un départ imminent. Candide, de nature curieuse demande : “ Pourquoi êtes-vous tous rois ? “ Tous livrent en quelques lignes leurs parcours. Ils expliquent à Candide avoir perdu leurs différents royaumes et être à Venise pour le carnaval. On peut imaginer qu'a travers leurs récits, Voltaire dit que le règne, le pouvoir politique ne dure qu'un temps. Ils sont toujours menacés par la déchéance ou la perte de leurs responsabilités.

Cunégonde est esclave en Turquie et bien entendu Candide veut la retrouver à tout prix.

Chapitre 27

Candide poursuit son voyage, guidé par la volonté de retrouver celle qu'il aime. Il part en Turquie à bord d'une galère.

Première partie : le destin de Cunégonde

L’un des six étrangers, le sultan Achmet, accepte de conduire Candide et Martin à Constantinople. La citation « il recevrait Candide et Martin sur son bord » souligne qu'ils vont voyager en bateau. Candide est impatient de retrouver Cunégonde et n'a de cesse de poser des questions. L’enchaînement des cinq interrogations montre son excitation mais peut-être aussi une légère inquiétude. Je cite : « Eh bien ! lui dit-il, que fait Cunégonde ? Est-elle toujours un prodige de beauté ? M’aime-t-elle toujours ? Comment se porte-t-elle ? Tu lui as, sans doute, acheté un palais à Constantinople ?

Sur le bateau, Cacambo dévoile le récit tragique de la dulcinée de Candide. Il leur explique que Cunégonde est désormais esclave du prince Ragotski, chez qui elle fait la vaisselle (avec la vieille), et qu’elle est devenue horriblement laide. Mais Candide n'est pas affecte par le changement physique de Cunegonde car en effet il déclare : « « - Ah ! Belle ou laide, dit Candide, je suis honnête homme, et mon devoir est de l’aimer toujours. » (Candide, à Cacambo.) » Cette prise de position renforce l’idée que Candide est un personnage au cœur pur qui a le sens du devoir.

Deuxième partie : les moyens employés pour récupérer Cunégonde

Cacambo a dû payer grassement le gouverneur de Buenos-Aires pour récupérer Cunégonde et s’est ensuite fait voler son argent par des pirates. Il a verse deux millions mais comme Candide possède encore quelques diamants, il se dit capable de délivrer aisément sa promise. Le voyage se poursuit et les deux compagnons arrivent sur le canal de la mer Noire. Nous comprenons que le trafic d'esclaves existe car Candide rachète Cacambo à son maître et s’embarque sur une galère « sans perdre de temps. » Son objectif étant de retrouver Cunégonde au plus vite « quelque laide qu'elle put être. »

Voltaire évoque les conditions de voyage et notamment le comportement de « deux forçats qui ramaient for mal. » Une fois de plus, l'auteur introduit un rebondissement car il découvre que deux des hommes ne sont autres que Pangloss et le frère de Mlle Cunégonde, toujours vivants finalement.

«En vérité, dit-il à Cacambo, si je n’avais pas vu pendre maître Pangloss, et si je n’avais pas eu le malheur de tuer le baron, je croirais que ce sont eux qui rament dans cette galère.’’ » (Candide, à Martin.) Cette citation souligne la naïveté de Candide et permet à l'auteur d'introduire un événement inattendu dans l'intrigue. Mais très vite, Candide découvre la véritable identité des deux hommes. Il les rachète aussi au commandant et l’enjoint à les mener au plus vite vers Constantinople. La question : “combien d'argent voulez-vous pour la rançon...?” montre sa générosité et à quel point il serait prêt à tout par amour. La ville atteinte, des juifs lui achètent des diamants à moitié prix et Candide, après les retrouvailles, s’élance à la recherche de Cunégonde afin de la délivrer.

Le thème de l'esclavage domine le chapitre 28 rappelant ainsi au passage les transactions financières et les conditions de travail qui pesaient sur certains hommes à cette époque.